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Gay-Lussac et l'industrie
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Gay-Lussac est le premier savant du début du 19ème siècle à s’inscrire en rupture avec les « amateurs éclairés » qu’étaient la plupart des autres scientifiques de l’époque tant en France qu’à l’étranger. Il est le premier professionnel de la science à temps complet.
Son esprit pratique développé l’a aussi conduit à rechercher des liaisons entre science pure et science appliquée notamment au profit de l’industrie. Cette partie importante des travaux de Gay-Lussac est évoquée au travers des chapitres suivants : |
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- L’inventeur et le fabricant
- Le consultant
- Le dirigeant et l’expert de la Compagnie de Saint-Gobain
- Le porte-parole de l’industrie
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L’inventeur et le fabricant
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1. L’alcoométrie
Le législateur des années 1820 souhaitait introduire une taxation des alcools progressive en fonction de la teneur des boissons en alcool ; un procédé de mesure rigoureux était donc nécessaire pour sa mise en application. Gay-Lussac a été chargé par l’administration de trouver un procédé absolument précis.
Gay-Lussac s’est donc appliqué en 1821-1822 à étudier les relations entre densité des liquides et concentration en alcool. Il a en outre mis au point un nouvel alcoomètre d’utilisation simple qui donnait directement grâce à son étalonnage la teneur en alcool à une température donnée. La précision de ce nouveau système fut à la base de la nouvelle législation sur les vins et spiritueux de 1824.
Gay-Lussac à partir de ce travail d’expert au service du gouvernement eut l’idée de fabriquer des alcoomètres en utilisant son nom et sa réputation. Il s’associa à cette fin avec un ancien élève de polytechnique, Collardeau, devenu fabricant d’instruments scientifiques.
2. La bougie stéarique
Michel Eugène Chevreul avait découvert qu’en faisant bouillir des graisses avec des bases (saponification), il réussissait à séparer les acides gras et à les utiliser pour l’amélioration des bougies. Cette découverte avait un intérêt pratique puissant dans la mesure où la bougie représentait le seul moyen d’éclairage dans la première moitié du 19ème siècle.
Chevreul s’assura la collaboration de Gay-Lussac pour mettre au point l’application industrielle de son invention. Ils déposèrent en commun un brevet (en France et en Angleterre) à leur nom pour le nouveau procédé.
En réalité ce brevet n’eut pas d’intérêt pratique immédiat et ne rapporta rien à leurs auteurs qui n’avaient qu’imparfaitement maîtrisé les difficultés de fabrication au stade industriel.
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Le Consultant
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En pleine période de révolution industrielle, les industriels cherchèrent le concours des savants pour améliorer la qualité des produits manufacturés, la qualité des produits chimiques utilisés ainsi que leur processus d’utilisation.
C’est ainsi que la Société Industrielle de Mulhouse (SIM), syndicat patronal des nombreuses industries de la région de Mulhouse, s’assura la collaboration de Gay-Lussac. Sans être très importante, cette collaboration se manifesta au travers d’une correspondance suivie avec la SIM que Gay-Lussac alla même visiter.
En règle générale, il semble que Gay-Lussac était plutôt hésitant à accepter des consultations privées. En dehors des affaires industrielles dont il s’occupait personnellement, sa préférence allait à un travail s’exerçant dans un cadre officiel.
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Le Dirigeant de la Compagnie de Saint-Gobain
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La Compagnie de Saint-Gobain fabriquait depuis le monopole accordé par Louis XIV en 1665 du verre plat de haute qualité et des glaces. Après une interruption pendant la Révolution, la Compagnie recommença à produire. L’expansion de cette industrie allait découler de l’utilisation de soude « artificielle » fabriquée par la Compagnie elle-même. La fabrication et la vente de produits chimiques : acide sulfurique, acide chlorhydrique, carbonate de soude, sulfate de sodium et chlorure d’étain entre à partir de 1835 pour une part importante du chiffre d’affaire de la Compagnie.
° La carrière de Gay-Lussac à la direction de Saint-Gobain
Gay-Lussac fut élu en 1832 comme l’un des « censeurs » de la société. Son rôle était consultatif mais il était astreint à une grande assiduité aux séances du Conseil d’administration qui étaient très fréquentes. Gay-Lussac était avant tout apprécié pour son expertise scientifique et technique précieuse pour améliorer la marche des usines de Saint-Gobain et de Chauny (fabrique de la soude).
En 1840, Gay-Lussac devint administrateur, signe d’une promotion mais qui ne changea rien à la nature de ses tâches.
En 1843, nouvelle promotion quand Gay-Lussac bien qu’absent fut nommé, à l’unanimité, Président du Conseil d’Administration.
En dépit de ses nombreuses absences, les dirigeants de Saint-Gobain insistèrent pour qu’il conserve une présidence de plus en plus nominale, en reconnaissance des services rendus et en considération de ce que pour Saint-Gobain son « nom n’est pas moins utile que le serait (sa) présence ».
2° La tour Gay-Lussac
Dans le cadre des activités de fabrication de l’acide sulfurique par la technique des « chambres de plomb » à l’usine de Chauny, Gay-Lussac mit au point, à partir de 1830, un procédé qui avait pour but de prévenir la libération des oxydes d’azote, indispensables à la fabrication de l’acide sulfurique, dans l’atmosphère. Le but était de réaliser une économie importante de matière première tout en évitant des émissions de gaz improductives et dangereuses au surplus.
Gay-Lussac eut l’idée de faire absorber l’oxyde d’azote par l’acide sulfurique lui-même. Il fallait donc favoriser le meilleur contact possible entre le gaz et l’acide ce qui fut réalisé dans une « tour » inventée par Gay-Lussac.
Cette invention fit l’objet d’un dépôt de brevet en octobre 1842 ainsi que d’un brevet anglais; plusieurs licences furent vendues à des industriels britanniques.
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Chambre de plomb, avec la Tour Gay-Lussac et la tour de Glover
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| A gauche, fac-simile des planches du brevet déposé en Angleterre concernant la tour Gay-Lussac. |
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Le porte-parole de l'industrie
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La carrière politique de Gay-Lussac député de la Haute-Vienne en 1831 puis membre de la Chambre des Pairs de 1839 jusqu’en 1848 est évoquée dans la partie consacrée à « Gay-Lussac le Limousin ».
Les prises de position de Gay-Lussac tant à la Chambre des Députés qu’à la Chambre des Pairs le montrent comme un soutien actif de l’industrie et plus particulièrement de la grande industrie chimique à une époque où les débats sur les applications industrielles de la science devenaient de plus en plus nombreux.
Les prises de position de Gay-Lussac sur deux sujets sensibles sont symptomatiques de son rôle au profit de l’industrie.
1° La question de l’impôt sur le sel
L’industrie chimique était une grosse utilisatrice de sel notamment pour la fabrication de la soude et avait obtenu un régime de faveur en matière d’imposition pendant la Restauration et la Monarchie de Juillet.
Lorsqu’une tentative de diminution de l’impôt sur le sel fut introduite en 1846 au profit de l’agriculture avec pour corollaire de réimposer le sel utilisé par l’industrie chimique, Gay-Lussac demanda énergiquement le rejet du projet.
2° Le travail des enfants dans les fabriques
Lors du débat de mars 1840 à la Chambre des Pairs sur l’emploi des enfants par l’industrie, Gay-Lussac adopta une position très conservatrice dictée par son libéralisme foncier révélatrice de ses conceptions des relations entre l’Etat et le monde industriel. La tentative de limiter le travail enfantin et de la réglementer était considérée comme une atteinte directe et inadmissible aux prérogatives du chef d’entreprise. En contrepartie de l’absence d’ingérence de l’Etat dans la marche interne des entreprises, Gay-Lussac estimait qu’on devait pouvoir compter sur la générosité et l’humanité de l’entrepreneur.
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FIN
Thème
Industriel
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