La Première ascension : 6 Fructidor An XII

(24 août 1804)

En 1803, on a constaté que « la force magnétique dirigeant l'aiguille aimantée à la surface de la Terre s'affaiblit considérablement à mesure qu'on s'élève dans l'atmosphère » . (Ascension de Robertson et Lhoest, ainsi que Saussure au Col du Géant).

Laplace, au sein de l'Institut National de France, décida une ascension aérostatique pour vérifier cette découverte. Biot et Gay-Lussac se portèrent volontaires. Conté fut chargé par le ministre Chaptal de pourvoir à la mise en état d'un aérostat ayant jadis servi en Egypte.
Le départ eut lieu du jardin du Conservatoire des Arts de Paris autour de 10 heures du matin le 24 août 1804.
« L'ascension fut lente et calculée. Une fois dans les nuages, vers 2 000 m de hauteur, on mesura les oscillations de l'aiguille aimantée, mais on ne prouva rien car le ballon tournait sur lui-même... L 'électricité par contact fonctionnait comme à terre. » Le pouls des deux aéronautes s'est fort accéléré à 2 700 m. A partir de 3 400 m, ils constatèrent une électricité croissante avec la hauteur.

« L'hygromètre a constamment marché vers la sécheresse, à mesure que nous nous sommes élevés dans l'atmosphère ».
Boussole de déclinaison Boussole d'inclinaison
Gay-Lussac voulait monter jusqu'à 6 000 m pour observer la boussole. Mais il se faisait tard et on décida donc de redescendre. Ils atterrirent dans le département du Loiret près du village de Méréville à 18 heures de Paris.
La deuxième ascension le 16 septembre 1804

(24 Fructidor An XII)

Gay-Lussac est seul.

Le départ a lieu du Conservatoire des Arts et Métiers à Paris à 9h4O.

Parvenu à 3 031 mètres, les oscillations magnétiques se sont accélérées. Les mesures ont été rendues difficiles à cause d'un vent soutenu . (Voir tableau à la fin de l'article).

On voit aussi la température baisser de un degré chaque 173,3 m.

Arrivé à 6 000 mètres, l'aéronaute voulant monter encore jeta par dessus bord une grossière chaise de bois qui tomba sur une haie non loin d'une bergère. Les villageois étaient accourus ; on cria au miracle : le ballon très haut était naturellement demeuré invisible.

Gay-Lussac recueille de l'air à 6 636 mètres. Parvenu à 6 977 m, il décide de redescendre : il avait froid aux mains, son pouls et sa respiration s'étaient accéléré et l'air était devenu très sec. Il atterrit à Saint-Gourgons (à 6 lieues de Rouen).


Remarque : Toutes les paroles en italique sont extraites des explications faites par Gay-Lussac à la classe des Sciences Mathématiques de l'Institut National le 9 Fructidor An XII puis le 9 Vendémiaire An XIII citées dans le « Journal de Physique, de Chimie et d'Histoire Naturelle », tome IX. Source Charles Sibillot : « Gay-Lussac aéronaute », Orléans, 1890 (collection privée de Mme Odile Boulot-de Vomécourt, descendante du savant.)

La nacelle du ballon et la soupape
La soupape du ballon à hydrogène
Précédent Accueil
Suivant